Après le retrait des eaux, le casse-tête de l’indemnisation. À Dakar, des centaines d’automobilistes dont les véhicules ont été engloutis par les récentes inondations découvrent que leur assurance au tiers ne couvre rien.
« Après la pluie, le beau temps », dixit le vieil adage français. À Dakar et dans sa banlieue, quand la pluie s’arrête, le cauchemar ne fait souvent que commencer. Des quartiers totalement coupés du reste du monde (Keur Massar, Cité Belle vue, entre autres), des véhicules complètement engloutis par les eaux… Une fois la décrue amorcée, une amère réalité prend le relais du désastre matériel : celle de sinistrés livrés à un casse-tête juridico-financier pour faire indemniser leurs pertes. Les dégâts matériels s’évaluent à des centaines de milliers voire des millions de francs CFA. Et parmi ces sinistrés, ce sont les automobilistes qui trimballent la facture la plus salée.
Face à ce tableau de désolation que les orages laissent derrière eux, une question lancinante s’impose : qui paie l’addition ? L’eau s’en va, mais la bataille de la paperasse commence. Entre des contrats qui ne couvrent quasiment aucun sinistre de cette nature, les procédures décourageantes des compagnies d’assurance, la quête d’une juste indemnisation ressemble à une seconde épreuve que bon nombre d’automobilistes sinistrés ne veulent point s’infliger. Beaucoup préfèrent endosser eux-mêmes la charge de la réparation de leur véhicule endommagé par les inondations.
C’est le cas de Adji, une ancienne intermédiaire d’assurance qui a investi ses économies dans un VTC. Le dimanche 4 octobre dernier, en quelques heures de pluie diluvienne, son taxi s’est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Pour éviter le piège des eaux à hauteur de la Patte d’Oie alors qu’il transportait un client, son chauffeur s’est réfugié dans une station-service attenante à la route, attendant que le ciel referme ses vannes. Une erreur d’appréciation que le chauffeur et sa patronne regrettent encore. Le véhicule a été complètement immergé occasionnant d’importants dégâts que la propriétaire tente d’évaluer avec son mécanicien afin de les réparer à ses frais. À la question de savoir pourquoi elle n’a pas encore déclaré le sinistre auprès de son assureur, Adji sert la rengaine la mieux partagée dans le cercle des automobilistes sénégalais : « C’est une perte de temps » !




