Mamadou Lamine Dianté, ministre de la Fonction publique et du Travail, se retrouve au centre d’une vive polémique depuis sa sortie médiatique sur les absences enregistrées dans les services de l’État au lendemain du Grand Magal de Touba.
Après avoir constaté un très faible taux d’assiduité au sein de son département ce lundi, le ministre a annoncé des mesures fermes contre les agents absents. Une prise de position qui divise profondément l’opinion publique. Si une partie des observateurs salue cette rigueur et rappelle l’obligation de respecter les horaires de travail dans l’administration, d’autres y voient une posture contradictoire au regard du parcours personnel de la tutelle.
Ses détracteurs n’ont pas tardé à raviver le souvenir de son engagement syndical. Mamadou Lamine Dianté a en effet été durant de longues années une figure majeure du syndicalisme enseignant. Lorsqu’il dirigeait le SAEMSS/CUSEMS, il avait régulièrement mené des mouvements de grève ayant parfois paralysé le secteur éducatif pour porter des revendications corporatives.
Pour ses contempteurs, le ministre serait aujourd’hui malvenu d’adopter une ligne intransigeante et de menacer de sanctionner des fonctionnaires absents, alors qu’il incarnait hier encore la défense active des arrêts de travail. Ce contraste entre sa posture d’hier et ses exigences d’aujourd’hui alimente d’intenses débats, notamment sur les réseaux sociaux.
À l’origine de cette controverse, la révélation par le ministre d’un chiffre marquant : un taux de présence de seulement 10 % dans les bureaux de son département au lendemain du Magal. Face à ce constat, l’autorité administrative a annoncé l’envoi de 179 demandes d’explication adressées dès ce mardi aux agents qui ne se sont pas présentés à leurs postes.
Entre volonté de restaurer la discipline au sein du service public et critiques axées sur son passé de militant, Mamadou Lamine Dianté fait face à un débat qui dépasse le cadre strict de l’absentéisme pour toucher à l’éthique et à la cohérence de l’action publique.

