La Dic cerne une mafia à Tap Portugal:Bada Lô intercepté à sa descente d’avion…Le cerveau entretenait une relation amoureuse avec…

Traqué par la Dic – Un client détale de l’Hôtel Croissant

Dans sa livraison de ce samedi, « Libération » , révèle qu’une mafia interne a sévi au cœur de Tap Portugal avant d’être cernée par la Division des investigations criminelles. A preuve, rien qu’entre juin et août 2018, cent trente et un (131) billets d’avion ont été achetés frauduleusement au moyen de fausses cartes bancaires ou de cartes clonées. Lesdites cartes étaient établies au nom du commerçant Bada Lô qui se trouve au cœur du scandale. Il est tombé en même temps que deux autres commerçants, Saliou Ndiaye et Abdou Salam Dia. Leurs manœuvres frauduleuses ont été rendues possibles par Ndèye Gane Diouf et Ndèye Sanou Diouf, agents de comptoir au siège de Tap Portugal.

L’affaire a commencé par une plainte déposée au parquet par Nuno Alexandre Oliveira Veloso de Souza, administrateur de la société Tap Portugal sise à l’Avenue Nelson Mandela, à Dakar.

Des faits en cause, il ressort qu’entre juin et août 2018 par exemple, cent trente et un billets d’avion ont été achetés frauduleusement au moyen de fausses cartes bancaires et de cartes clonées établies au nom de Bada Lô. Selon l’auteur de la plainte, les faits sont effectivement l’œuvre de Bada Lô qui fréquente l’agence de Tap depuis le mois de juin 2018. Il est parvenu à gagner la confiance des agents du fait du nombre important de billets d’avion qu’il achetait pour son propre compte. Par la suite, il a commencé à en acheter pour des tierces personnes par paiement électronique auprès des mêmes agents.

Dans ce sillage, le pourcentage du chiffre d’affaire des paiements de billets d’avion par carte bancaire a été vu à la hausse entre juin et août 2018 et n’a jamais été signalé par les agents soupçonnés. En fin août 2018, le siège de Tap sis à Lisbonne les a informés de ce que les paiements qui avaient été autorisés électroniquement par leur système Amadeus concernant une centaine de billets d’avion achetés par Bada Lô, avaient été annulés par les banques concernées, suite à la réclamation de propriétaires des cartes bancaires clonées. En réalité, ces cartes qui semblaient authentiques de par leur numéro, étaient fausses.

Bada Lô intercepté à sa descente d’avion

Convoquées et entendues chacune à son tour, Ndèye Gane Diouf et Ndèye Sanou Diouf, agents de Tap Portugal, ont unanimement reconnu avoir vendu plusieurs billets d’avion par paiement électronique à Bada Lô entre juin et août 2018. Pour ce faire, ce dernier leur envoyait par mail ou via WhatsApp les copies de passeports de ses clients ainsi qu’une photo de leur carte bancaire avec un mail de confirmation du client. Elles ont soutenu n’avoir jamais eu connaissance de la nature frauduleuse des cartes bancaires servant au paiement électronique de billets d’avion achetés.

Selon nos informations, Bada Lô a été intercepté par le Commissariat spécial de l’aéroport Blaise Diagne à la suite d’un message d’opposition. Entendu sous le régime de la garde-à-vue, il reconnu les faits avant de jurer que les fausses cartes bancaires avaient été confectionnées à partir de la France par son ami Malick T.. C’est ce dernier qui lui aurait envoyé les cartes incriminées avec lesquelles les billets sont achetés.

Dans ses aveux, Bada Lô a précisé travailler en complicité avec Ndèye Gane Diouf et Ndèye Sanou Diouf. Elles bénéficiaient pour ces transactions frauduleuses, de contrepartie financière ou de récompenses en nature, des téléphones portables, par exemple. Il a ajouté que les cartes en question sont également utilisées par son cousin Abdou Salam Dia, pour acheter des billets d’avion auprès des agents de Tap Portugal.
Des aveux accablants

La perquisition perpétrée dans sa chambre prise en location dans un appartement meublé à Liberté 6 Extension, a permis de retrouver des spécimens de faux billets de banque qu’il a déclaré appartenir à son bailleur nommé Saliou Ndiaye, trouvé sur les lieux. Ce dernier a été conduit à la Dic pour les besoins de l’enquête. Interrogé, il a déclaré que le sac contenant les spécimens de faux billets de banque, appartient à un certain Paco sans la moindre précision, à qui il aurait donné en location la chambre qu’occupait Bada Lô.

Convoquées une nouvelle fois et entendues sur les accusations portées à leur égard par Bada Lô, Ndèye Gane Diouf et Ndèye Sanou Diouf les ont battues en brèche. La première a tout de même reconnu avoir suggéré à Bada Lô de lui envoyer les mails de confirmation des achats de billets sur son adresse professionnelle au lieu de les envoyer sur l’adresse de la Tap. Elle a aussi avoué n’avoir pas respecté, en l’absence de leur responsable, certaines règles relatives au mail de confirmation devant être envoyés en principe par le propriétaire de la carte bancaire sur laquelle le prix des billets d’avion est débité.

Le cerveau entretenait une…relation amoureuse avec les deux agents de TAP

Mais l’exploitation du téléphone portable de Ndèye Gane Diouf a permis de découvrir des messages écrits et vocaux laissant penser que cette dernière était informée de la fausseté des cartes bancaires présentées par Bada Lô. La teneur de ces messages traduits en français est sans équivoque: « Je ne peux pas amener la carte. Cela est impossible car la carte est fausse ». Sur ce point, aucun compte-rendu n’a été fait à la hiérarchie. Il y a été aussi constaté que les deux agents entretenaient probablement une relation amoureuse pouvant expliquer les faveurs accordées à Bada Lô.

La poursuite des investigations techniques effectuées sur le téléphone portable de Saliou Ndiaye, a permis de prouver qu’il travaillait en complicité avec Bada Lô. Il a bénéficié de ses services pour se faire établir une fausse carte nationale d’identité de la République de France, portant son identité et son épreuve photographique moyennant la somme de 250 euros.

Mieux, Saliou Ndiaye a plusieurs fois sollicité Bada Lô pour l’achat de billets d’avion à l’aide de fausses cartes bancaires. Interpellé à ce propos, il a reconnu avoir demandé à Bada Lô de lui confectionner un document aux fins de sa demande de visa français, tout en soutenant ne pas avoir connaissance de la non-authenticité du document demandé. Ces propos ont été battus en brèche par un message envoyé à Bada Lô, qui traduit en termes français donne :« qu’en est-il de votre business de fausses cartes? ».

Tout ce beau monde a été mis à la disposition du Procureur, ce 23 mai, pour association de malfaiteurs, escroquerie via les moyens de paiement électronique, fraude informatique, faux et usage de faux, blanchiment de capitaux et complicité.

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