Pierre Goudiaby Atepa sur la Casamance :"« Le Plan Sénégal émergent (PSE) n’a guère arrangé les choses tant il donne aux Casamançais le sentiment d’être, une nouvelle fois, les grands oubliés d’un plan préparé à Dakar. » –
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Pierre Goudiaby Atepa sur la Casamance : »« Le Plan Sénégal émergent (PSE) n’a guère arrangé les choses tant il donne aux Casamançais le sentiment d’être, une nouvelle fois, les grands oubliés d’un plan préparé à Dakar. »



Cette nouvelle publication s’inscrit en droite ligne d’un projet politique dont les lignes se dessinaient déjà il y a quelques années : « Sénégal-Rek, Ensemble pour une Refondation »est un livre-programme. L’auteur, qui se défendait de vouloir entrer en politique, laisse enfin tomber le masque.

En marge de la sortie officielle du livre, c’est un méga rendez-vous que ce patriote donne à la jeunesse sénégalaise samedi 7 juillet prochain sur l’esplanade du monument de la Renaissance.

« Sénégal-Rek, Ensemble pour une Refondation »est publié aux Editions Continentales qui comptent parmi leurs auteurs prestigieux Laurent Gbagbo (Le Temps de l’Espoir), Winnie Madikizela Mandela (Ma Part de Vérité), Babacar Ndiaye (La Bad, l’Afrique et Moi),Lamine Kamara avec Djibril Tamsir Niane (Mariame Waraba),etc.

D’entrée de jeu, l’auteur situe le cadre de son action (« Cet ouvrage est un condensé d’une passion pour mon pays né avec des fées penchées sur son berceau. », p. 9), et annonce en même temps qu’il s’agit d’un premier maillon (« L’offre que voici est à l’état d’esquisse et a besoin d’être peaufinée, chiffrée et budgétisée. », p. 10)

Surtout, il veut sa démarche collective. Le mot « Ensemble » revient plus de 20 fois dans l’ouvrage, une répétition lexicale qui définit le mode de construction anthropologique des valeurs républicaines qu’il défend.

Si le « je » côtoie le « nous », c’est bien à dessein pour signifier sa responsabilité personnelle dans le choix des valeurs mais aussi la responsabilité collective dans l’œuvre de refondation. C’est donc au nom de la communauté tout entière qu’il revendique son engagement politique. Le cheminement qui se veut collectif et déterminant est corroboré par le terme « Oser », qui revient également plus de 20 fois. L’auteur ne dit jamais qu’ « il » ose. Le thème de l’action téméraire commune est axial dans la pensée fécondante de Pierre Atepa Goudiaby. Il  en constitue l’angle de « prise de vue ». En effet, dans « Oser… », il défriche déjà des champs de réflexion, dans une prospective rythmique faite de mouvements d’ensemble. « Osons », « Oser Ensemble », en sont les maîtres mots : « Osons Ensemble pour vaincre nos tabous dans tous les domaines en libérant notre esprit d’audace et le génie créateur sénégalais. Le respect des valeurs conditionne la réussite d’un homme et d’un peuple. C’est pour cela que nous devons Oser ensemble ici et maintenant. » (p. 28)

« Je suis prêt ! » (p. 9),se dépêche-t-il de marteler avec une conviction martiale, dès l’entame de son discours. Le probable candidat à l’élection présidentielle de février 2019 conjure ses valses hésitations dont on se souvient de la célèbre formule : « J’y pense et puis j’y pense ! ».

Et d’égrener : « Je descends dans l’arène que j’ai toujours tenue à distance pour la refondation d’une République où bonne gouvernance, vertu, justice et intégrité sont synonymes, où ces valeurs riment avec honnêteté, refus de la corruption et de la concussion, où elles invitent au dépassement des régions, des religions, des ethnies, des sectarismes et des origines sociales et autres faux particularismes. »(p. 11)

L’invite à l’exemplarité républicaine revient au pas de charge tout le long du livre. Une autre manière de sceller son diagnostic de la pratique actuelle du pouvoir au Sénégal dont il ne manque pas de dénoncer les dérives, mais toujours avec une élégance du verbe qui fait de lui un « opposant » pas comme les autres, un électron surgi de la société civile. Proche des siens, il partage leur amertume : « Je crois que les Sénégalais sont fatigués de voir des gens faire de la politique sans que cette politique ne fasse rien pour les rendre plus heureux. » (p. 21)

Alors que le taux de croissance du pays, qui tournera autour de 7% cette année, est brandi par l’équipe dirigeante actuelle comme un trophée de guerre, l’auteur rame plutôt à contre-courant. Il évoque « l’absence de progrès économique par rapport aux attentes légitimes de nos concitoyens et aux richesses du pays » (p. 29),et rappelle que « L’état des lieux est assurément en deçà du legs de nos illustres devanciers. » (p. 31)

Ce qui intéresse Pierre Atepa Goudiaby, ce ne sont pas les chiffres, mais la réalité du quotidien des sénégalais : « Il nous faut répondre à cette illusion d’optique où l’on nous fait miroiter une façade lisse alors que le mur est fissuré. Tout laisse entrevoir que les proclamations triomphalistes sont dévêtues par les résultats négatifs du panier de la ménagère tant en milieu urbain qu’en zone rurale. On peine à rencontrer le bonheur si l’on n’est pas membre de cette minorité qui vit sur le dos des contribuables grâce aux prébendes et à la corruption instaurées en système de gouvernance. » (p. 29).

L’auteur passe en revue ses thèmes préférés : la santé, l’éducation, les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), la gestion de la ville, la diplomatie économique, les valeurs de l’armée prises en exemple, l’apprentissage de l’anglais, la réforme des institutions, la pétrochimie et la zone industrielle de Potou (depuis la découverte du pétrole et du gaz dans les eaux territoriales sénégalaises), et l’épineux dossier casamançais dont il a récemment publié une énergique tribune dans l’hebdomadaire Jeune Afrique (Edition du 31 mai 2018).

Au plan de l’organisation des institutions, il revient sur les conclusions des Assises nationales de 2008-2009, prône une véritable séparation des pouvoirs, met en garde contre une très grande hypertrophie de la fonction présidentielle qui suggère l’instauration d’une « monarchie constitutionnelle » (p. 106).

Des institutions telles que le Conseil économique, social et environnemental ou encore l’Observatoire national des territoires, doivent être dissoutes, du point de vue de l’auteur.

Rendez-vous donc en février 2019 avec celui qui regarde ses compatriotes droit dans les yeux en leur disant : « Je suis prêt à offrir à mon pays ce qui me reste de vie active. C’est le sens de mon engagement. » (p. 142)

 

Morceaux choisis :

Santé : « Je ne peux admettre que chaque jour, 5 femmes meurent dans ce pays pour donner la vie, et que sur 1000 enfants qui naissent, plus de 50 ne puissent fêter le premier anniversaire de leur naissance. » (p. 52)

« Le Sénégal doit disposer d’un plateau technique à la mesure non seulement des brillants médecins qui exercent dans ses différentes structures de santé, mais aussi par rapport à ses ambitions futures. » (p. 56)

 

Education : « La démocratisation de l’école est un des premiers devoirs de la République. Un citoyen bien formé, avec une tête bien-pensante, est une plus-value économique et sociale. Personne ne doit être exclu par manque de moyen. » (p. 39)

« Nous devons pouvoir faire cesser les grèves, permettre aux enseignants d’enseigner sans discontinuer pendant l’année scolaire et permettre aux étudiants d’étudier eux aussi pendant le temps que dure l’année académique sans discontinuer. C’est là le gage d’excellence que je veux pour l’école sénégalaise. » (p. 49)

Pétrochimie : « Nous allons nous démarquer totalement du modèle économique que nous a imposé l’histoire. Il fait de nous d’éternels pourvoyeurs de matières premières, et laisse aux autres les nombreux avantages de la transformation des matières premières, là où la valeur ajouté permet d’engranger le plus de profits.  Pour cela, je veux une industrie pétrochimique de dernière génération pour le Sénégal. » (p. 89)

« Mon ambition, c’est d’établir les conditions qui faciliteront la création d’un million d’emplois à travers cet important secteur industriel de la pétrochimie. Depuis l’exploration, dont nous devons-nous approprier la technologie, à l’exploitation pour ce qui de la pétrochimie de base (raffinage et produits pétroliers). Ensuite, dégager l’espace nécessaire pour le développement de la pétrochimie secondaire, dans le cadre quasi-illimité des produits dérivés. » (p. 91)

La Casamance :

« Le Plan Sénégal émergent (PSE) n’a guère arrangé les choses tant il donne aux Casamançais le sentiment d’être, une nouvelle fois, les grands oubliés d’un plan préparé à Dakar. » (p. 94)

« Au nom des intérêts supérieurs de la Casamance, la population doit aujourd’hui être sensibilisée aux thèmes de la paix, de la concorde et de l’unité, dans chaque famille, dans chaque quartier et village, jusqu’à Dakar et jusque dans les autres grandes villes du pays. Le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) est invité à réunir ses branches combattantes et civiles autour d’une position claire et acceptable pour tous. » (p. 95)

 



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