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(Incroyable) -Une phrase de Trump fait perdre 60 milliards de dollars à …

(Incroyable) -Une phrase de Trump fait perdre 60 milliards de dollars à ...
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J’ai fait état de mes inquiétudes concernant Amazon bien avant l’élection. Contrairement aux autres, ils ne paient pas ou peu d’impôts aux gouvernements locaux ou fédéral et traitent notre système postal comme leur livreur (provoquant d’énormes pertes aux Etats-Unis) en provoquant la fermeture de milliers de commerces ! » C’est par ce tweet d’attaque assez frontale que Donald Trump s’en est pris, jeudi 29 mars, au géant de la distribution en ligne.

Une perte de 31,4 milliards de dollars de capitalisation boursière

Ce tacle public du président des Etats-Unis a confirmé un article paru la veille dans la presse américaine, qui avait commencé à faire baisser le cours de l’action d’Amazon en Bourse. Mercredi, le titre a clôturé en forte baisse à la Bourse de New York (– 4,38 %), ce qui s’est traduit par une perte de 31,4 milliards de dollars de capitalisation boursière. Jeudi (à 16 heures à Paris), il reculait de 3,07 %, en raison du tweet, alors qu’il avait commencé la séance par une hausse de 1,7 %.

Mercredi, le fameux site d’information en ligne Axios a créé la sensation en publiant un article sobrement titré « Trump déteste Amazon, pas Facebook ». Le média y explique que le président n’a pas spécialement l’intention de prendre des mesures contre le réseau social visé depuis plusieurs jours par le scandale de l’exploitation indue de ses données par le prestataire Cambridge Analytica, mais qu’il est « obsédé » par l’entreprise fondée par Jeff Bezos.

Spéculation sur des mesures anticoncurrences

Trump s’est interrogé à voix haute sur les moyens qui pourraient exister pour s’en prendre à Amazon grâce aux lois antitrusts ou à la législation sur la concurrence », précise une source anonyme citée par Axios.
Mercredi, la Maison Blanche a réagi en déclarant n’avoir aucun projet en cours concernant le groupe. Mais, jeudi, Raj Shah, secrétaire adjoint à la presse de la présidence, a été plus flou : il a assuré que les critiques du président n’avaient rien à voir avec des griefs personnels visant Amazon ou Jeff Bezos, tout en disant sur Fox News qu’« il s’agit bel et bien de politique ». Il a ajouté que les critiques de Donald Trump n’impliquaient aucun changement de ligne. Mais a précisé : « Il y a un certain nombre de propositions qui ont fait leur chemin à la Chambre et au Sénat ou ont été envisagées par la Chambre et le Sénat. Il soutiendrait des efforts de ce genre. »

Sur le fond, les arguments de M. Trump sur la poste sont contestés : « On lui a expliqué dans de nombreuses réunions que sa perception n’était pas exacte et que la poste gagnait même beaucoup d’argent en travaillant pour Amazon. » Sur le plan fiscal, Amazon collecte depuis le printemps 2017 des taxes sur les ventes (sales tax) dans tous les Etats américains. Toutefois, ce n’était souvent pas le cas avant, ce qui donnait à la vente en ligne un avantage, dont se plaignaient les distributeurs traditionnels. De plus, certains vendeurs tiers qui utilisent la plate-forme Amazon ne collectent toujours pas cette taxe.

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Amazon emploie aux Etats-Unis près de 200 000 personnes et a un poids considérable dans la distribution. Son rachat de la chaîne de supermarchés bio Whole Foods, en juin, n’a fait que renforcer sa position. Et alimente les discussions sur des mesures liées au droit de la concurrence.

Une guerre ouverte depuis 2015

C’est loin d’être la première fois que Donald Trump cible M. Bezos et Amazon nommément. Les premiers tweets datent de 2015. « Amazon cause un grand tort aux petits commerçants, qui, eux, paient des impôts », avait depuis écrit le président sur Twitter, en août 2017.

De son côté, Jeff Bezos s’est parfois aussi opposé à M. Trump, par exemple à propos du texte anti-immigration signé en janvier 2017 pour interdire l’accès au pays pour les ressortissants de sept pays jugés « risqués », au nom de la lutte contre le terrorisme. « A nos employés aux Etats-Unis et dans le monde qui pourraient être directement touchés par ce décret, je veux que vous sachiez que toutes les ressources d’Amazon sont derrière vous », avait écrit M. Bezos.

Pendant la campagne, il avait semblé défendre Hillary Clinton contre Donald Trump : « Dire qu’il pourrait faire enfermer son adversaire érode notre démocratie sur les bords », avait-il dit au Vanity Fair’s New Establishment Summit.

Derrière Amazon, le « Washington Post »

Une fois Trump élu, M. Bezos avait envoyé des signaux moins univoques : il a félicité le nouveau président et, par exemple, annoncé en janvier qu’il créerait des emplois aux Etats-Unis, ce dont la Maison Blanche s’est félicitée.
Derrière la campagne de Donald Trump contre Jeff Bezos, certains voient des représailles contre le Washington Post, racheté en 2013 par le patron d’Amazon. Comme le New York Times ou CNN, le quotidien a été en pointe sur plusieurs sujets, notamment les soupçons d’ingérence russe dans la campagne. Il a aussi révélé que l’homme d’affaires avait accroché une fausse couverture de Time à son effigie, dans les clubs de golf qu’il possède. Le Washington Post a même gagné un prestigieux prix Pulitzer en 2017 pour avoir mis en cause la réalité des actions philanthropique de M. Trump. Le journal avait fait partie des médias temporairement interdits d’accès à la présidence, avec CNN.

Le président des Etats-Unis a d’ailleurs lui-même fait le lien entre ses attaques contre Amazon et le Washington Post, insinuant que M. Bezos s’en servait pour faire campagne contre lui. « L’#AmazonWashingtonPost – que certains surnomment parfois le gardien d’Amazon qui ne paye pas ses impôts (et qui devrait le faire) – est une fake news ! », lançait-il dans un tweet en juin.

lemonde.fr

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