De la Caisse noire de Idy à la Caisse d’avance de Khalifa : même ligne de défense à l’issue du premier jour de procès –
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De la Caisse noire de Idy à la Caisse d’avance de Khalifa : même ligne de défense à l’issue du premier jour de procès

A l’issue du premier jour de procès pour trancher l’affaire de la Caisse d’avance, les interventions des avocats du maire de Dakar indiquent clairement que Khalifa Sall, comme Idrissa Seck à l’époque des Chantiers de Thiès, va asseoir sa défense sur l’argument des fonds politiques pour se mettre hors d’atteinte de tout contrôle. D’ailleurs, ses partisans, à travers les médias, ont toujours réfuté l’appellation « Caisse d’avance » qu’ils préfèrent à celle de « fonds politiques ».

« Les deniers ne sont pas publics, ce sont les deniers de la ville Dakar », déclare Me El Hadj Diouf. Si on le comprend bien, il appartient à la ville et non au tribunal de définir l’existence de préjudices subis. Le cas échéant, l’institution peut, de par son bon vouloir, choisir de ne pas poursuivre Khalifa Sall. C’est, à notre sens, ce que tente d’établir son confrère Me Ciré Clédor Ly quand, citant les dispositions du code de procédure pénale, prévues à cet effet, le réputé procédurier demande à l’Etat de prouver qu’il est victime à la place de la mairie.

Sous ce rapport, le profil des témoins, composés de très grands commis de l’Etat ayant manipulé les fonds secrets, tels Moustapha Niasse, Ousmane Tanor Dieng, Idrissa Seck, confère au procès une portée historique. Dans le système de droit britannique où les décisions judiciaires rendues par le passé sont la source la plus importante de la loi, différent du système de droit codifié français inspiré de Rome, les témoignages de Mamadou Diop et de Pape Diop, déjà recueillis par voie de presse, suffiraient pour « blanchir » leur successeur, Khalifa Sall.

Ainsi, en cherchant à être coûte que coûte partie civile, la ville de Dakar veut servir de couverture à son maire pour dire que c’est elle qui a mis à la disposition de celui-ci les fonds en question, et que si ceux-ci sont spéciaux, c’est conformément à l’usage. Tout comme Idrissa Seck soutenait que l’argent qu’il avait dépensé relevait de la fameuse caisse noire que l’alors président de la République avait discrétionnairement mis à sa disposition. En son temps, la phrase de l’ex-maire de Thiès, libérée sur les ondes de la Rfm, avait choqué l’opinion. Pourtant Idy, qui était poursuivi depuis 2005, obtiendra un non-lieu total en mai 2009.

Pour le cas présent, l’Etat s’attèle à enlever tout caractère spécial aux fautes reprochées à Khalifa pour démontrer que le mode de fonctionnement de la Caisse d’avance obéit à celui qui régit la gestion de tous les fonds publics.

Maintenant, s’il est clair dans le sens commun que la Caisse noire est bien spéciale, est-ce qu’il en est de même pour la Caisse d’avance ? La suite du procès de khalifa Sall le dira.

Cependant, nous devons à la vérité de rappeler que c’est au bout d’un marathon judiciaire » qui a duré quatre ans, entrecoupé d’« Audiences du midi » entre Wade et son « fils d’emprunt », que l’affaire des Chantiers de Thiès a été vidée, quatre mois après que Idririssa Seck a opéré son retour au Pds le 12 janvier 2009.  Le candidat désigné d’une partie des socialistes à la présidentielle de 2019 peut-il attendre tout ce temps au risque de se mettre en marge du jeu politique ?

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