Coumba Niang se révèle être la gardienne des fonds remis par Shekau le chef de Boko Haram –
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Coumba Niang se révèle être la gardienne des fonds remis par Shekau le chef de Boko Haram

Coumba Niang se révèle être la gardienne des fonds remis par Boko Haram

L’instruction d’audience, dans le cadre du procès Imam Ndao, s’est poursuivie hier avec la comparution de Coumba Niang. La seconde épouse de Matar Diokhané a clamé son innocence, même si elle a reconnu qu’elle gardait l’argent que son époux a reçu de Abu Bakr Shekau, leader de Boko Haram au Nigeria.

Après les comparutions de Mouhamed Ndiaye dit Abu Youssouf et de Ibrahima Diallo alias Abu Oumar, la dame Coumba Niang a fait face, hier, aux juges de la chambre criminelle à formation spéciale du Tribunal de grande instance de Dakar. Inculpée pour acte de terrorisme par association de malfaiteurs, par menace ayant but de troubler l’ordre public et financement du terrorisme, la seconde épouse de Matar Diokhané a été arrêtée au bout d’une filature entamée, suite à un séjour qu’elle a effectuée à Kaolack, au domicile de l’imam Alioune Ndao. Ayant remarqué qu’elle et sa coépouse faisaient l’objet de surveillance, elles ont quitté le domicile conjugal pour rentrer chez leurs parents respectifs.

En partant, elles ont confié leurs affaires, notamment les ustensiles de cuisine, à leur co-accusé, Alioune Badara Sall. Car, a-t-elle argué, ce dernier avait en charge la construction de leur maison. Malgré leur planque, les deux épouses ont été appréhendées trois mois plus tard et écrouées. Hier, à la barre, Coumba Niang a plaidé non coupable. Elle a déclaré ignorer les activités de son époux avec qui elle s’est mariée le 2 octobre 2011. Idem pour les derniers voyages. A l’en croire, le premier remonte entre 2012 et 2013, lorsque Matar Diokhané était parti en Mauritanie avec la première épouse. Après leur retour, en 2014, son mari est reparti en Turquie. Lorsqu’il est revenu, il est allé dans un pays que Coumba Niang dit avoir oublié, avant de soutenir que son époux séjournait au Niger et y enseignait le Coran à des enfants. C’est au retour de ce périple qu’il lui a confié une liasse d’argent constituée de billets de 500 Euros. D’après Mme Diokhané, une semaine après, son conjoint a quitté le sol sénégalais à nouveau. Et c’est lors de ce voyage qu’il a été arrêté. C’est sur ces entrefaites qu’Ibrahima Diallo alias Abou Oumar a commencé par l’appeler souvent pour lui demander si son époux lui avait remis de l’argent. Elle a fini par remettre 15 millions et 500 000 F CFA à un certain Aboubakr Guèye. Elle a déclaré également avoir remis 500 Euros à sa coépouse et la somme de 200 000 F CFA pour l’achat de deux téléphones. C’est Ibrahima qui en a eu l’idée et leur a installé l’application ‘’telegram’’. ‘’Je ne l’ai utilisée qu’une seule fois pour répondre à un message de Diallo, car je n’avais aucune suspicion, puisque je me disais qu’il n’avait pas de crédit.’’

A force de nier les faits, le président Samba Kane lui a rappelé qu’elle avait déclaré devant le Doyen des juges que Matar Diokhané lui avait fait part de son projet de djihad en Libye. Il lui avait expliqué que l’argent avait été remis par Abubakr Shekao et devait servir à financer un travail que les ‘’mbokk’’ (coreligionnaires) devaient effectuer au Sénégal. ‘’Je ne me rappelle pas, car je somnolais devant le juge et je ne savais pas quoi dire’’, a-t-elle tenté de se justifier.

L’épouse de Diokhané et ses liens avec Imam Ndao

Par ailleurs, Coumba Niang est revenue sur ses liens avec Imam Ndao. Elle a allégué l’avoir connu fortuitement, lorsqu’elle était partie accompagner Amy Sall rendre visite à Rama Bâ, une nièce de l’une des épouses d’Imam Ndao. Selon ses dires, leur hôte les a présentées au religieux qu’elle a revu une seconde fois. Seulement, l’enquête a révélé que l’accusée connaissait bien Imam Ndao. La dame se rendait à son daara pour rendre visite au fils de Matar Diokhané. L’accusée a la garde de l’enfant de 7 ans, dont la mère, troisième épouse de Diokhané, est partie au Niger. D’ailleurs, Coumba Niang voulait s’y rendre, mais l’imam l’en a dissuadé. Face aux juges, elle a justifié son renoncement par la perte de sa carte d’identité.

Toujours, dans sa ligne de défense, elle a contesté être propriétaire des documents trouvés chez elle, lors de la perquisition. Il s’agit, entre autres, de manuels de djihad sur les techniques et stratégie de combat contre l’Etat impie, livres sur les techniques d’enlèvements, rapts, assassinats. Des ouvrages sur la légitimation des exécutions sommaires des enfants et femmes et de tout musulman opposés aux actions terroristes, ainsi que des documents sur les stratégies de dissimulation, d’infiltration, déstabilisation des forces de sécurité et de défense ont été saisis. Le maître des poursuites croit savoir que Coumba Niang a bel et bien maîtrisé les techniques de dissimulation, car dès qu’elle a senti qu’elles étaient épiées, elle a déménagé avec sa coépouse.

Une femme au centre de mouvements de fonds d’un réseau jihadiste présumé au Sénégal

Une épouse d’un Sénégalais accusé d’avoir combattu aux côtés de Boko Haram a reconnu mercredi à son procès à Dakar avoir été au centre d’importants mouvements de fonds, provenant selon le parquet d’un chef du groupe jihadiste nigérian.

Coumba Niang, 34 ans, mère de trois enfants, est une des deux épouses de Makhtar Diokhané, un des principaux prévenus de ce procès, inédit au Sénégal par le nombre d’accusés pour de tels faits.

Au total, 29 personnes, dont trois femmes, sont jugées par le tribunal correctionnel de Dakar pour « actes de terrorisme par association de malfaiteurs, par menaces ayant pour but de troubler l’ordre public, financement du terrorisme et blanchiment de capitaux ».

Avant de partir pour le Nigeria, Makhtar Diokhané « m’avait confié de l’argent, que je n’ai pas compté », a affirmé Coumba Niang, apparue voilée à la barre.

Elle a assuré avoir remis sur instruction de son époux de l’argent à des proches de ce dernier, confirmant les dires d’un autre prévenu, Ibrahima Diallo, qui a indiqué mardi avoir reçu d’elle 22.000 euros à son retour du Nigeria.

« Les demandes d’argent étaient répétées », a-t-elle dit, en référence aux sollicitations de proches de son mari, ajoutant: « Pour cette raison j’ai voulu m’en débarrasser ».

Selon le parquet, lors d’une perquisition à son domicile près de Dakar, « 14.500 euros en billets de 500 euros ont été saisis dans sa chambre » en plus de « documents relatifs au jihad ».

Ces documents détaillent notamment « les techniques et stratégies de combat et de déstabilisation d’un Etat » mécréant, « les techniques d’enlèvement, de rapt et d’assassinat ». Ils comprennent aussi des livres « légitimant les exécutions sommaires » de personnes opposées au jihad, selon l’accusation.

Durant l’enquête, Coumba Niang a affirmé que l’argent avait été remis à son mari par « le chef de Boko Haram Abubakar Shekau », selon le parquet, ce qu’elle n’a pas confirmé à la barre.

Une partie de ces « importantes sommes d’argent confiées par son mari » était destinée aux collaborateurs de M. Diokhané et une autre « à financer un travail qui devait être fait au Sénégal », a déclaré le procureur Ali Ciré Ndiaye.

Les prévenus sont accusés d’avoir voulu créer une base jihadiste au Sénégal.

Mokhtar Diokhané a fréquenté Boko Haram au Nigeria avant d’être interpellé en 2015 au Niger voisin à la suite d’une affaire de « faux monnayage » puis remis au Sénégal, selon l’accusation.

Pays réputé pour sa tolérance religieuse, le Sénégal compte plus de 90% de musulmans, adhérant pour la plupart à l’islam soufi, représenté par différentes confréries.

Il a été jusqu’à présent épargné par les attentats jihadistes qui ont frappé d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. Mais il a renforcé la sécurité devant les hôtels et de nombreux bâtiments publics après les attentats dans la région.

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